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Le Familistère de Guise a accueilli ce vendredi la première journée des Entretiens de Vervins de la gouvernance publique, sur le thème « Du territoire à l'espace ». Une grande journée de réflexion organisée par la chaire de la gouvernance publique. Une manifestation présidée par Jean-Pierre Balligand et Michel Piron, coprésidents de l'institut de la décentralisation.
De gauche à droite : Christian Pierret, ancien Ministre délégué à l'Industrie, Michel Piron, Député du Maine-et-Loire et co-président de la Chaire de la Gouvernance publique, et Laurence Lemouzy, Directrice de la Chaire.
Pour l'occasion, ces entretiens ont aussi servi de séminaire
d'intégration aux nouvelles promotions de l'institut supérieur de
management public et politique (Ismapp), une école présente à Paris et à
Bruxelles. Sous la conduite du député Jean-Pierre Balligand, en
préambule de la partie réflexion, ces mêmes étudiants ont découvert
l'œuvre de Godin. Les futurs managers publics ont terminé par la
buanderie, là où s'est tenue la réunion.
La décentralisation dans
toutes ses dimensions, politique et sociétale, ce fut donc le thème de
la journée. Tout cela s'est traduit par plusieurs heures de propos dans
l'ensemble assez clairs, pertinents et détachés de l'actualité politique
quotidienne de plus en plus nerveuse, ce qui a tendance à brouiller la
compréhension des choses…
Sur ce point, ce rendez-vous en terres
guisardes est donc réussi. Le député Jean-Pierre Balligand, qui
travailla sur les premiers textes de la décentralisation (dans les
années quatre-vingt), a abordé, sans langue de bois et avec une dose
d'autocritique, l'accélération de la mise en place des outils de la
décentralisation ces dernières années. En témoignent par exemple les
communautés urbaines. « La communauté urbaine de Lille a un budget
supérieur à celui du conseil régional Nord/Pas-de-Calais. Elle lève
l'impôt, mais ne bénéficie pas d'une élection au suffrage universel. Ce
dispositif n'est pas républicain », affirme Jean-Pierre Balligand.
Déconnexion
Le parlementaire est inquiet, car il y voit une dérive : « J'ai peur
que l'intercommunalité, ce soit l'Europe sans les peuples. On ne lève
pas l'impôt sans sanction démocratique. Or, le peuple, quand il se met à
gronder… »
Plus largement, Jean-Pierre Balligand entrevoit « une
déconnexion », car, d'une part, « il y a un recul de la légitimité
nationale », et, d'autre part, les contours de « l'infrarégional » sont
de plus en plus flous, avec ces structures supracommunales, aux pouvoirs
de plus en larges, mais sans lien avec le suffrage populaire, si ce
n'est évidemment indirect.
Et d'ajouter cependant : « Toutes les communes sont dépossédées de leurs compétences, et je n'en ai aucune nostalgie ! »
Auparavant, Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L'express,
par le biais d'une vidéo, avait placé la problématique du pouvoir à
l'échelle européenne. Tandis que Laurence Lemouzy, directrice de
l'Ismapp a, elle, énoncé les nouveaux paramètres de la gouvernance : la
mondialisation, la globalisation et la décentralisation. Une trilogie
qui donne naissance à de nouveaux comportements : le flâneur, le
vagabond, le touriste et le joueur.
Aux gouvernants de faire avec…