Pourquoi des décideurs compétents, informés et animés de bonnes intentions peuvent-ils produire… des échecs collectifs ?
C’est à cette question, aussi dérangeante que structurante, qu’a répondu Jacques-Yves Campion, médecin, chercheur en sciences cognitives et doctorant à l’iBrain (Université de Tours), lors de deux séquences consacrées aux sciences cognitives et aux décisions collectives.
À partir d’une approche croisant neurosciences, psychologie et sciences sociales, son intervention a permis de mettre en lumière les mécanismes souvent invisibles qui influencent la décision publique: biais cognitifs, effets de groupe, dynamiques émotionnelles ou encore conditions de circulation de l’information.
Un point a particulièrement retenu l’attention : les conditions dans lesquelles certaines informations — parfois peu fiables — circulent plus rapidement et plus efficacement que des analyses pourtant rigoureuses.
Au-delà du constat, la réflexion ouvre une perspective essentielle pour l’action publique : comprendre pourquoi certaines réformes échouent, non pas faute de compétences, mais en raison de mécanismes collectifs mal maîtrisés. Cette intervention s’inscrit pleinement dansles enseignements de l’ISMaPP : former des étudiants capables non seulement de décider, mais aussi de comprendre les ressorts profonds de la décision,ses biais, ses limites et ses conditions de réussite.